Vue aérienne de l’Uakari Floating Lodge, ses cabanes aux toits rouges alignées le long d’une passerelle sur le lac, dans la réserve de Mamirauá
Amazonie

8 choses à savoir sur l’Uakari Floating Lodge, au cœur de la réserve de Mamirauá

9 septembre 2026

D’un scientifique lancé sur la piste d’un singe rare à un lodge construit à même le fleuve : voici quelques faits sur Uakari Lodge, au plus profond de la réserve de Mamirauá, au Brésil

Sur un tronçon du Solimões, près de Tefé, se cache l’un des hébergements les plus singuliers de la région : un lodge flottant en Amazonie brésilienne, entièrement construit sur l’eau. L’Uakari Floating Lodge est installé au cœur de la réserve de développement durable de Mamirauá, une aire protégée de 1 124 000 hectares de forêt inondée, la várzea. Il monte et descend avec le fleuve, jusqu’à 12 mètres par an.

Le lodge doit son nom au singe à la face écarlate qui peuple cette forêt. Depuis près de trois décennies, il compte parmi les tout premiers exemples d’écotourisme communautaire en Amazonie, cogéré par un institut fédéral de recherche et par les communautés riveraines qui vivent ici toute l’année.

Passerelle en bois au-dessus du fleuve menant à une cabane sur pilotis sous un coucher de soleil orangé en Amazonie
Photo: Gui Gomes

Envie de savoir pourquoi cet hôtel flottant, planté au milieu d’une réserve protégée, vaut une longue remontée du fleuve ? PlanetaEXO, plateforme d’écotourisme spécialisée dans les voyages en forêt amazonienne au Brésil, a réuni ces 8 faits sur Uakari Lodge, en Amazonie brésilienne. Découvrez-les ci-dessous !

1. L’Uakari Floating Lodge existe parce qu’un scientifique cherchait un singe rare

Dans les années 1980, le primatologue brésilien José Márcio Ayres arrive dans la région avec un objectif précis : étudier le singe ouakari chauve, celui-là même qui donnera son nom au lodge. Il y découvre une zone menacée par une exploitation hors de tout contrôle.

Décidé à mettre l’écosystème régional à l’abri, il propose dès 1985 de créer un sanctuaire protégé. L’initiative débouche sur la station écologique de Mamirauá en 1986, puis sur la fondation de l’Instituto Mamirauá en 1998, l’institut fédéral de recherche qui gère le lodge aujourd’hui encore.

Ayres décroche son doctorat à Cambridge avec une thèse consacrée aux ouakaris et à la forêt inondée d’Amazonie, nourrie d’un travail de terrain mené près de Tefé. Uakari Lodge est né directement de ces recherches, vers 1998, dans le prolongement d’un laboratoire flottant que l’Institut exploitait déjà dans la réserve. Depuis près de 30 ans, il accueille des voyageurs et réinvestit sans relâche les revenus du tourisme dans les projets des communautés locales.

Singe ouakari blanc au visage rouge vif et à la longue fourrure orange, posé sur une branche dans la réserve de Mamirauá
@planetraw.my

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2. Des fondations flottantes taillées dans l’un des bois les plus légers d’Amazonie

Contrairement à la plupart des constructions riveraines, Uakari Lodge ne repose pas sur pilotis : il flotte pour de bon.

Les bâtiments tiennent sur d’énormes troncs d’assacu (Hura crepitans), un arbre amazonien qui peut dépasser les 30 mètres de haut et dont le bois est exceptionnellement peu dense, autour de 0,36–0,38 g/cm³ : assez léger pour maintenir tout un bâtiment à flot sur le fleuve.

Le projet architectural est né à l’intérieur même de la réserve : les chercheurs de l’Instituto Mamirauá l’ont mis au point avec l’AAGEMAM, l’association des guides riverains. Ensemble, ils ont transposé le savoir-faire traditionnel des constructions flottantes amazoniennes à un lodge pensé pour les voyageurs.

Bungalows flottants aux toits rouges de l’Uakari Floating Lodge vus depuis l’eau à travers les branches
Photo: Gui Gomes

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3. Un lodge géré par un institut de recherche et par la communauté locale

L’Uakari Floating Lodge appartient à l’Instituto Mamirauá, organisme fédéral de recherche officiellement fondé en 1999 et rattaché au ministère brésilien de la Science, de la Technologie et de l’Innovation.

Au quotidien, il est cogéré avec l’AAGEMAM, l’association qui représente les communautés riveraines de la réserve, ce qui donne aux habitants un pouvoir de décision direct sur la façon dont leur propre aire protégée accueille les visiteurs.

Cette protection est solidement reconnue par les institutions. Avec ses 1 124 000 hectares de forêt inondée de type várzea, là où le Solimões rejoint le Japurá, la réserve de développement durable de Mamirauá a été inscrite comme zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar en 1993. En 2003, son aire de démonstration a été intégrée au complexe de conservation de l’Amazonie centrale, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

4. Esprit pionnier et grandes crues du fleuve

Le 12 juillet 1996, la signature d’une loi fait de Mamirauá la toute première réserve de développement durable du Brésil, une catégorie d’aire protégée créée spécialement pour elle.

Rien à voir avec les régions d’eaux noires : cette plaine d’inondation d’eaux blanches, la várzea, connaît des variations saisonnières extrêmes. Entre les basses eaux (de septembre à novembre) et les hautes eaux (de mai à juillet), le niveau varie d’environ 10 à 12 mètres, avec des pointes locales qui atteignent 16 mètres.

La forêt qui entoure le lodge reste submergée environ quatre mois par an. C’est exactement pour cette raison qu’Uakari a dû apprendre à flotter.

Forêt de várzea inondée en bordure du fleuve dans la réserve de Mamirauá, un oiseau survolant l’eau

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5. Un séjour rythmé par les canoës, pas par les routes

Aucune route ne traverse une forêt inondée : ici, chaque activité se fait en canoë ou en petit bateau, des excursions dans la forêt noyée aux sorties nocturnes à la recherche des caïmans, en passant par la pêche traditionnelle du piranha, l’observation des dauphins roses et la visite guidée de l’une des communautés riveraines de la réserve.

L’Uakari Floating Lodge propose des séjours de 3, 4 ou 7 nuits, auxquels s’ajoute un programme d’observation des oiseaux de 4 nuits pour les voyageurs venus cocher la liste des espèces de la réserve. Petite structure isolée, avec une poignée de chambres seulement, l’hôtel demande en général que les enfants aient plus de 10 ans.

Y arriver demande un peu d’organisation : vous rejoignez d’abord Manaus en avion, puis un vol intérieur d’environ 1 heure vous emmène à Tefé, dans l’Amazonas, avant un transfert en bateau de 1h30 à 2h jusqu’au lodge.

Guide pagayant une pirogue avec deux voyageurs dans la forêt inondée d’Amazonie
Photo: Gui Gomes

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6. Des choix durables, récompensés au niveau mondial

Le lodge produit sa propre électricité grâce à l’énergie solaire, récupère l’eau de pluie pour les besoins des voyageurs et traite ses eaux usées avant qu’elles n’atteignent le fleuve.

Cet engagement durable auprès des communautés a été salué dans le monde entier en 2015. Uakari Lodge a décroché la médaille d’argent de la catégorie « Best for Poverty Reduction » aux World Responsible Tourism Awards, une distinction partagée avec deux autres finalistes internationaux seulement. Le prix distingue un modèle conçu pour ramener les retombées économiques directement vers les villages riverains.

L’équipe attend sur le ponton en bois de l’Uakari Floating Lodge au coucher du soleil à l’arrivée d’un bateau
Photo: Gui Gomes

7. L’un des meilleurs endroits au monde pour observer le dauphin rose d’Amazonie

Les eaux qui entourent l’Uakari Floating Lodge abritent l’une des plus fortes densités de dauphin rose d’Amazonie (boto-cor-de-rosa) jamais enregistrées : jusqu’à 61 individus par kilomètre carré dans les zones de confluence, aux côtés du tucuxi, le petit dauphin gris de fleuve, présent lui aussi à 64 individus par kilomètre carré.

Les dauphins sont loin d’être les seuls habitants des lieux. La réserve compte aussi des jaguars, des caïmans noirs, des paresseux, des coatis et, bien sûr, celui qui a donné son nom au lodge : le ouakari chauve, aussi appelé ouakari blanc, une espèce que l’on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs sur la planète.

Deux dauphins tucuxi gris faisant surface sur les eaux calmes du fleuve amazonien
Photo: Gui Gomes

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8. Uakari Lodge a contribué à sauver de la disparition l’un des plus gros poissons d’Amazonie

Avec les communautés riveraines, l’Instituto Mamirauá a mis sur pied un programme participatif de gestion du pirarucu (Arapaima). C’est aujourd’hui l’un des cas de reconstitution de population de poissons les mieux documentés au monde.

Les pêcheurs locaux surveillent eux-mêmes les lacs gérés et en recensent régulièrement les stocks : le pirarucu d’Amazonie y est passé d’environ 2 500 à plus de 190 500 individus en 2018. C’est en grande partie grâce à ce travail que l’espèce est sortie de la liste brésilienne des animaux menacés.

Le modèle a depuis été repris dans d’autres régions de l’État d’Amazonas. C’est le prolongement direct de l’approche qui a fait naître Uakari Lodge : la conservation par le tourisme.

Pirarucu (arapaima), l’un des plus grands poissons d’eau douce d’Amazonie, sous l’eau
Photo: Gui Gomes

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Visiter l’Uakari Floating Lodge avec PlanetaEXO

Maintenant que vous savez comment la quête d’un singe rare a donné naissance à cet hôtel flottant d’Amazonie, l’un des lodges les plus tournés vers les communautés locales de toute la région, il ne vous reste qu’une chose à faire : voir la réserve de Mamirauá de vos propres yeux.

Plateforme d’écotourisme dédiée aux voyages en écolodges dans l’Amazonie brésilienne, PlanetaEXO entretient un partenariat de longue date avec l’Uakari Floating Lodge. Nous travaillons directement avec les opérateurs locaux : notre équipe compose des séjours sur mesure dans la réserve, sans rien à gérer de votre côté. Contactez-nous dès maintenant !