Vue aérienne des chutes d'Iguazu au coucher du soleil, avec des dizaines de cascades au milieu de la Forêt atlantique, Brésil.
Chutes d'Iguazú

10 faits sur les chutes d’Iguazu : la merveille naturelle que se partagent le Brésil et l’Argentine

27 août 2026

Du nom guarani donné à l’eau jusqu’à la lave qui a creusé le canyon, voici 10 faits sur les chutes d’Iguazu, l’un des plus impressionnants systèmes de cascades du monde

La rivière Iguazu naît dans la Serra do Mar, la chaîne côtière qui borde Curitiba. Au lieu de rejoindre l’Atlantique tout proche, elle tourne le dos à l’océan et file vers l’ouest sur 1 320 kilomètres à travers l’État du Paraná. Quelques kilomètres avant de se jeter dans le fleuve Paraná, à l’endroit précis où se rencontrent le Brésil, l’Argentine et le Paraguay, elle bascule par-dessus le rebord d’un plateau de basalte. Cette chute, ce sont les chutes d’Iguazu.

La rivière coule en territoire brésilien sur presque toute sa longueur, mais elle ne sert de frontière que sur ses derniers kilomètres, là où elle tombe. Le partage des chutes d’Iguazu, en Argentine et au Brésil, est donc bien plus inégal qu’on ne l’imagine. L’Argentine possède près de 80 % des chutes, le Brésil environ 20 %.

Chutes d'Iguazu vues d'un belvédère dans la forêt, sous les gros nuages d'orage de la saison des pluies, Brésil.
Photo: Gaborsz

On visite les chutes d’Iguazu au Brésil et en Argentine, mais pas pour les mêmes raisons : l’Argentine concentre l’essentiel des chutes elles-mêmes, et c’est depuis la rive brésilienne que l’on embrasse tout le site d’un seul regard. Alors, que garde encore pour lui un endroit aussi célèbre ?

PlanetaEXO, plateforme d’écotourisme spécialisée dans les Circuits aux chutes d’Iguazu au Brésil, a réuni ces 10 faits sur les chutes d’Iguazu. Découvrez-les ci-dessous !

1. La signification d’Iguaçu

En guarani, Iguaçu se découpe en deux mots, « y » veut dire eau, « guasu » veut dire grand. La fusion de ces deux mots, donnent la grande eau. Ceux qui vivaient au bord de cette rivière bien avant la moindre carte l’ont décrite en deux syllabes, sans un seul adjectif.

L’orthographe, elle, change avec la frontière : Iguaçu en portugais, Iguazú en espagnol, Iguassu dans les vieux textes anglais. Le sens ne bouge jamais.

Une femme observe les chutes d'Iguazu, un arc-en-ciel se formant dans les embruns, Brésil.
Photo: Thiago Rocha

2. Une légende kaingang fait des chutes une blessure de la terre

Une légende de la culture indigène kaingang attribue l’origine des chutes à la fureur d’un dieu serpent, fils de Tupã, le dieu créateur et maître du tonnerre dans la mythologie tupi-guarani.

M’Boi, divinité serpent et gardien des eaux, exigeait chaque année le sacrifice d’une jeune femme. Naipi lui avait été promise. Un guerrier nommé Tarobá était tombé amoureux d’elle, et pendant la cérémonie censée la consacrer, tous deux ont fui en canoë au fil de la rivière.

M’Boi l’a appris. Furieux, il s’est enfoncé dans la terre et a tordu son corps, ouvrant une immense faille en travers de la rivière, dans laquelle l’eau s’est engouffrée. Naipi est devenue l’un des rochers plantés au centre des chutes, frappé par le courant pour toujours. Tarobá, lui, est devenu un palmier penché au-dessus de la gorge, assez près pour la voir, jamais assez pour l’atteindre.

Lisez le fait suivant sur les chutes d’Iguazu et vous verrez que la légende et la géologie décrivent exactement la même fracture !

Vue panoramique des cascades des chutes d'Iguazu depuis le côté brésilien du parc national de l'Iguaçu, Brésil.
Photo: Miriam Duran

3. Les chutes ont été taillées par l’une des plus grandes coulées de lave de l’histoire de la Terre

Il y a 125 à 115 millions d’années, pendant l’éclatement du Gondwana et l’ouverture de l’Atlantique sud, d’immenses fissures continentales ont craché de la lave basaltique. Les coulées ont recouvert environ 1,2 million de kilomètres carrés et se sont empilées sur 1 500 mètres d’épaisseur.

C’est la formation Serra Geral, la plus grande coulée de lave basaltique jamais observée sur une croûte continentale. La même roche affleure de l’autre côté de l’océan, en Namibie, où elle porte le nom d’Etendeka.

En refroidissant, la lave a posé les fondations des chutes. Le basalte se fracture verticalement en colonnes bien distinctes et se détache horizontalement d’une coulée à l’autre. Au sommet, une dalle solide de 8 à 10 mètres coiffe l’ensemble et protège les couches plus tendres qui se trouvent en dessous. L’eau s’infiltre dans ces joints fragiles, creuse la base peu à peu, puis la dalle finit par céder en gros blocs.

Voilà une chute décrite en termes mécaniques : l’eau n’use pas la roche de façon régulière, elle la sape par en dessous. Le récit kaingang dit que la terre a été déchirée. Le basalte est d’accord.

Chutes d'Iguazu au coucher du soleil, la brume montant entre les cascades et la forêt, Brésil.

4. Plus larges et plus hautes que le Niagara, et un jour 26 fois plus puissantes qu’elles-mêmes

Iguazu aligne officiellement 275 chutes sur un front de 2,7 kilomètres. La hauteur des chutes d’Iguazu se mesure à la Gorge du Diable (Garganta do Diabo), qui plonge de 82 mètres. Comparez avec les chutes du Niagara, larges de 1,2 kilomètre pour une cinquantaine de mètres de haut, ou avec les chutes Victoria et leurs plus de 1,6 kilomètre.

Ces 275 chutes, cela dit, sont une moyenne un peu généreuse. Aux chutes d’Iguazu, le nombre de cascades oscille en réalité entre 150 et 300 selon le niveau de la rivière. Un mois sec, les plus petites se réduisent à un filet, puis disparaissent. En crue, des chutes séparées fusionnent en un rideau continu. Autrement dit, vous ne voyez pas la même chute que le visiteur venu avant vous.

Le débit des chutes d’Iguazu le dit plus crûment. La moyenne s’établit à 1 746 mètres cubes par seconde. Le 9 juin 2014, la rivière Iguaçu a fait basculer 45 700 mètres cubes par seconde par-dessus le rebord. Vingt-six fois sa propre moyenne, et environ dix-neuf fois ce que déplace le Niagara un jour ordinaire.

Les chutes d’Iguazú sont plus d’une fois et demie plus hautes que celles du Niagara. La différence est si marquée que l’ancienne Première dame des États-Unis, Eleanor Roosevelt, aurait laissé échapper un « Mon pauvre Niagara ! » lors d’une visite au Brésil en 1944, en découvrant l’immensité d’Iguazú.

La Gorge du Diable aux chutes d'Iguazu, mur de cascades au débit puissant sous un nuage d'embruns, Brésil.
Photo: Ondrej Bocek

5. Un oiseau des chutes traverse le rideau d’eau pour aller dormir derrière

Le martinet vieillard (Cypseloides senex) mesure environ 18 centimètres et fait quelque chose qui ressemble à une erreur. Au crépuscule, il fonce droit vers les chutes, disparaît dans le rideau blanc, puis ressort un peu plus tard de ce qui a tout l’air d’un mur d’eau compact.

Derrière la nappe, sur la roche verticale et trempée, il construit un nid plat en forme de disque, fait de mousse et de petits cailloux liés par de la boue, et y pond un seul œuf. Les colonies s’accrochent aux falaises, à côté et derrière l’eau qui tombe. La logique est défensive : un mur qu’aucun prédateur grimpeur ne peut escalader, protégé par une eau qu’aucun prédateur volant ne traversera.

Les martinets ne tiennent que grâce à la forêt qui les entoure. Ensemble, le parc brésilien et le parc argentin forment le plus grand vestige protégé de la Forêt atlantique de l’intérieur : plus de 2 000 espèces de plantes, plus de 400 oiseaux et environ 80 mammifères, dans un biome qui a perdu l’essentiel de sa couverture d’origine.

Cette rareté explique aussi pourquoi la plus forte concentration d’oiseaux de la Forêt atlantique, autour d’Iguazu, ne se trouve pas dans la forêt. Parque das Aves, à la porte du parc brésilien, a ouvert en 1994 sur 16 hectares de forêt et abrite aujourd’hui plus de 1 300 oiseaux de plus de 130 espèces, dont plus de 90 % sont originaires de la Forêt atlantique. Plus de la moitié proviennent de saisies liées au trafic et de cas de maltraitance, et non d’une cage d’élevage.

Le parc ne fait pas que recueillir : il reproduit aussi des espèces pour les relâcher. Ses grandes volières, que les visiteurs traversent, permettent aux oiseaux destinés à la réintroduction de garder leur condition physique et leurs comportements naturels, tandis que des programmes comme « Voa, Jacutinga » s’attachent à la reproduction de la pénélope à front noir pour repeupler sa forêt d’origine.

Des martinets vieillards posés sur la paroi humide derrière le rideau d'eau des chutes d'Iguazu, Brésil.
Photo: José Mário S. Cassiano

👉 À lire aussi : 20 Animaux du Brésil : Faits sur la Faune et Lieux pour les Observer

6. Les chutes d’Iguazu sont l’un des derniers bastions du jaguar dans la Forêt atlantique

Un fait pour les amateurs de faune sauvage. Depuis 2005, le Projeto Onças do Iguaçu côté brésilien et le Proyecto Yaguareté côté argentin comptent ensemble les jaguars du Corridor vert, un animal après l’autre, dans un recensement binational répété tous les deux ans.

L’édition 2022 a installé 224 stations de pièges photographiques (72 au Brésil et 152 en Argentine) sur 582 123 hectares et en a rapporté 3 763 photos de 55 jaguars adultes.

La population que suivent ces caméras a connu une trajectoire brutale. Entre 1990 et 1995, la région en comptait environ 400 à 800. En 2005, il n’en restait plus que 9 à 11. Le recensement de 2022 en a dénombré près de 93 sur l’ensemble du corridor, et celui de 2024 environ 84, dans une fourchette de 64 à 110.

Ces chiffres sont faibles, et c’est précisément là que tout se joue. C’est l’un des derniers endroits de la Forêt atlantique où une population de jaguars se maintient encore, dans un biome qui couvrait autrefois presque toute la côte brésilienne et ne survit plus aujourd’hui qu’en fragments.

Depuis les passerelles du parc national, côté brésilien comme côté argentin, personne n’en voit jamais. Les caméras posées par les scientifiques chargés de les protéger, elles, en voient toujours.

Un jaguar au repos sur une berge herbeuse dans le parc national de l'Iguaçu, Brésil.
Photo: Sam Power

👉 À lire aussi :

7. Les chutes ont été une propriété privée jusqu’à l’intervention d’un pionnier de l’aviation

En 1916, Santos Dumont vient voir les chutes et découvre qu’elles appartiennent à un propriétaire privé, un Uruguayen nommé Jesús Val. Le 8 mai, l’homme qui avait fait voler le 14-bis au-dessus de Paris est reçu par Afonso Alves de Camargo, président de l’État du Paraná, et plaide pour que l’État exproprie le terrain et en fasse un parc.

Moins de trois mois plus tard, le 28 juillet 1916, le décret 653 déclare d’utilité publique 1 008 hectares sur la rive droite de la rivière Iguaçu, à côté de ce qu’on appelait alors les Saltos de Santa Maria. L’expropriation elle-même n’a été réglée qu’en 1919, quand Val a accepté l’indemnisation.

Les parcs, eux, sont venus plus tard. L’Argentine a créé son parc national de l’Iguazú en 1934, et le Brésil son parc national de l’Iguaçu le 10 janvier 1939, par le décret-loi 1 035 de Getúlio Vargas. L’UNESCO a inscrit le parc argentin en 1984 et le brésilien en 1986.

Au Brésil, on se souvient de Santos Dumont pour l’avion. À Foz do Iguaçu, on se souvient de Santos Dumont aux chutes d’Iguazu comme de l’homme grâce à qui elles ne sont pas restées derrière un portail privé.

Statue en bronze de Santos Dumont dans le parc national de l'Iguaçu, à côté de la plaque reprenant sa phrase de 1916, Brésil.
Photo: Janko Hoener

👉 À lire aussi : Les meilleurs parcs nationaux au Brésil à visiter

8. Patrimoine mondial en péril, puis nouvelle merveille de la nature

Le classement des chutes d’Iguazu à l’UNESCO n’a rien d’un acquis définitif, et le parc a bien failli le perdre. Une route, l’Estrada do Colono, ouverte en 1954, coupe le parc brésilien en deux. Le gouvernement fédéral l’a fermée en 1986, elle a été rouverte illégalement en 1987 et elle est restée en service quatorze années de plus. En 1999, l’UNESCO a placé le parc national de l’Iguaçu sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

La route a fini par fermer le 13 juin 2001, lors d’une opération menée par les forces armées fédérales et les agences environnementales, qui ont ensuite défoncé la chaussée sur toute sa longueur et y ont mis en terre 25 000 plants. L’UNESCO a retiré le parc de la liste en péril en décembre 2001. La pression pour rouvrir la route, elle, n’a jamais cessé.

Dix ans plus tard, les gros titres changent de camp. Lors d’un vote public mondial clos à 11 h 11 le 11 novembre 2011, les chutes d’Iguazu sont élues l’une des 7 nouvelles merveilles de la nature, aux côtés de l’Amazonie, de la baie d’Ha Long, de l’île de Jeju, de Komodo, de la rivière souterraine de Puerto Princesa et de la montagne de la Table.

Les deux choses sont vraies, et il faut les tenir ensemble. La décennie qui a fait des chutes d’Iguazu la merveille du monde que l’on connaît est celle-là même où elles ont failli perdre leur protection.

Vue aérienne des chutes d'Iguazu au coucher du soleil, la rivière Iguaçu serpentant dans la forêt, Brésil.

9. Un seul hôtel se dresse à l’intérieur du parc brésilien

Ouvert en 1958 dans un style colonial portugais, l‘Hôtel das Cataratas s’est vu ajouter deux ailes, en 1971 puis en 1982. Devenu le Belmond Hotel das Cataratas, il reste le seul hôtel situé dans le parc national de l’Iguaçu.

Cette adresse vaut plus que son architecture. Le parc est soumis à des horaires de visite : tous les autres arrivent après l’ouverture et repartent avant la fermeture.

Ceux qui dorment sur place ont le sentier pour eux avant le premier bus et après le dernier, dans les deux créneaux où la lumière est basse, où la brume accroche le soleil et où les passerelles sont vides.

Vue aérienne du Belmond Hotel das Cataratas, seul hôtel situé dans le parc national de l'Iguaçu, Brésil.

👉 Découvrez l’aventure : Séjour de luxe aux chutes d’Iguaçu : Belmond Hotel das Cataratas

10. Cinq nuits par mois, le parc national de l’Iguazú ouvre dans le noir

Autour de la pleine lune, cinq nuits par mois, le parc argentin ouvre après le coucher du soleil. Trois départs par nuit, deux heures et demie environ chacun : le train écologique qui traverse la forêt tropicale sous les étoiles, puis la passerelle métallique jusqu’à la Gorge du Diable, éclairée par la lune et rien d’autre.

Ce que les visiteurs espèrent voir, c’est un arc-en-ciel lunaire, formé quand la lumière de la lune se réfracte dans les embruns exactement comme celle du soleil le jour, en plus pâle et presque sans couleur à l’œil nu.

Bien qu’il s’agisse d’un phénomène fascinant, l’arc-en-ciel lunaire d’Iguaçu n’est pas garanti, car il dépend d’un ciel dégagé, d’une lune haute et de la juste quantité de brume dans l’air.

Un arc-en-ciel lunaire au-dessus des chutes d'Iguazu par nuit de pleine lune, sous un ciel étoilé, Brésil.

Visitez les chutes d’Iguazu avec PlanetaEXO

Maintenant que vous connaissez les principaux faits sur les chutes d’Iguazu et l’histoire qui va avec, il ne reste plus qu’à aller les voir de près !

PlanetaEXO est une plateforme d’écotourisme spécialisée dans les Circuits aux chutes d’Iguazu au Brésil, côté brésilien comme côté argentin. Que ce soit un voyage économique ou un séjour de luxe à l’intérieur du parc national, notre équipe se charge de toute la logistique : vous n’avez plus qu’à en profiter. Contactez-nous dès maintenant !